Cheveux & PRP

Chute de cheveux chez la femme : identifier la cause avant de traiter

Perdre ses cheveux est vécu très différemment selon le sexe. Chez la femme, la chute touche à quelque chose de profondément identitaire, et elle génère une anxiété que la banalisation médicale néglige parfois. Elle mérite un diagnostic sérieux, car derrière un même symptôme se cachent des causes très différentes.

Perdre des cheveux : à partir de quand est-ce anormal ?

Perdre entre cinquante et cent cheveux par jour est physiologique. Le cheveu suit un cycle : une phase de croissance de plusieurs années, une courte phase de transition, puis une phase de repos au terme de laquelle il tombe et est remplacé.

Ce qui doit alerter, ce n'est donc pas la présence de cheveux sur la brosse, mais : une augmentation nette et durable de la quantité perdue, un élargissement visible de la raie, une queue de cheval devenant sensiblement plus fine, ou une chute qui persiste au-delà de trois mois.

Les grandes causes chez la femme

L'effluvium télogène

C'est une chute diffuse, souvent brutale, survenant deux à trois mois après un facteur déclenchant : accouchement, intervention chirurgicale, forte fièvre, régime restrictif, choc émotionnel, arrêt d'une contraception. Ce décalage temporel explique pourquoi les patientes ne font pas toujours le lien.

C'est le type de chute au meilleur pronostic : elle est généralement réversible spontanément une fois la cause corrigée. Voir notre article sur les chutes saisonnières et transitoires.

Les carences

La carence en fer, et plus précisément une ferritine basse, est une cause extrêmement fréquente chez la femme en âge de procréer, en raison des pertes menstruelles. Une ferritine peut être insuffisante pour le cheveu alors même que l'hémoglobine reste normale : le dosage de la ferritine est donc indispensable, un hémogramme normal ne suffit pas à écarter le diagnostic.

D'autres déficits interviennent : vitamine D, zinc, apports protéiques insuffisants — notamment lors de régimes déséquilibrés, un sujet abordé dans notre article sur la perte de poids encadrée.

Les causes hormonales

Les dysthyroïdies, dans les deux sens, retentissent directement sur le cheveu. Le syndrome des ovaires polykystiques associe fréquemment chute de cheveux, acné tardive et pilosité excessive — une triade qui doit faire évoquer le diagnostic et conduire à un bilan, comme évoqué dans notre article sur l'épilation laser.

L'alopécie androgénétique féminine

Elle existe bel et bien chez la femme, mais s'exprime différemment que chez l'homme : plutôt qu'un recul frontal, on observe un élargissement progressif de la raie centrale et une diminution de la densité au sommet du crâne, avec conservation de la ligne frontale. Elle est progressive et nécessite une prise en charge au long cours.

Le bilan initial habituel

  • Numération sanguine et ferritine
  • Bilan thyroïdien
  • Vitamine D, parfois zinc
  • Bilan hormonal si signes associés
  • Examen clinique du cuir chevelu et interrogatoire détaillé

Le cas particulier du post-partum

Pendant la grossesse, les cheveux tombent moins : le cycle est suspendu par l'imprégnation hormonale, ce qui donne cette chevelure dense caractéristique. Après l'accouchement, la chute reprend d'un coup, souvent vers le troisième mois, et concerne tous les cheveux dont la chute avait été différée.

L'impression est spectaculaire et angoissante, mais il s'agit d'un rattrapage physiologique. La récupération survient généralement entre six et douze mois. La prise en charge consiste surtout à corriger les carences fréquentes après une grossesse et un allaitement, et à rassurer. Il faut savoir que le PRP est contre-indiqué pendant l'allaitement.

Ce qui n'est pas la cause

Quelques croyances tenaces méritent d'être corrigées. Se laver les cheveux souvent ne les fait pas tomber : les cheveux retrouvés à la douche sont ceux déjà détachés. Couper les pointes n'a aucun effet sur la pousse, qui se joue au niveau de la racine. Aucun shampooing ne traite une alopécie androgénétique ou une carence martiale.

En revanche, certaines pratiques mécaniques sont réellement délétères : les coiffures très serrées et répétées peuvent provoquer une alopécie de traction, d'abord réversible puis définitive si elle se prolonge. Les défrisages agressifs et l'usage intensif de la chaleur fragilisent la tige capillaire.

Quand consulter

Le plus tôt possible, et en tout cas sans attendre un an. Une chute récente a un bien meilleur pronostic qu'une alopécie installée depuis plusieurs années, car les follicules sont encore actifs. Un diagnostic précis évite par ailleurs de perdre des mois en compléments alimentaires non ciblés.

Questions fréquentes

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?

Entre 50 et 100 cheveux par jour, ce qui est physiologique. Ce qui doit alerter, c'est une augmentation nette et durable, ou une modification visible de la densité.

Faut-il doser la ferritine ou l'hémoglobine ?

La ferritine, qui reflète les réserves en fer. Elle peut être basse alors que l'hémoglobine reste normale, ce qui suffit à retentir sur la pousse du cheveu.

La chute post-partum est-elle définitive ?

Non. Il s'agit d'un phénomène de rattrapage physiologique qui se corrige généralement entre 6 et 12 mois après l'accouchement.

Le stress peut-il faire tomber les cheveux ?

Oui, un choc physique ou émotionnel peut déclencher un effluvium télogène. La chute survient typiquement 2 à 3 mois après l'événement, ce qui rend le lien peu évident.

Les compléments alimentaires suffisent-ils ?

Ils sont utiles lorsqu'ils corrigent une carence identifiée. Pris à l'aveugle, sans bilan, ils font souvent perdre des mois précieux sans traiter la cause réelle.

Les coiffures serrées abîment-elles vraiment les cheveux ?

Oui. La traction répétée peut entraîner une alopécie de traction, d'abord réversible puis définitive si elle se prolonge, notamment sur les tempes et la lisière frontale.

Un bilan personnalisé à Tanger

Chaque peau, chaque cheveu et chaque objectif sont différents. La consultation permet d'établir un diagnostic précis et de construire un protocole adapté à votre situation.

Information médicale. Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale, un diagnostic ni une prescription. Les résultats décrits varient d'une personne à l'autre et aucun résultat ne peut être garanti. Seul un examen clinique permet de déterminer si un traitement est indiqué dans votre cas et d'en évaluer les contre-indications.