Le PRP capillaire suscite beaucoup d'intérêt, et parfois beaucoup de confusion. Il ne s'agit ni d'une greffe, ni d'un produit miracle, mais d'une technique de stimulation utilisant les propres composants du sang du patient. Voici ce qu'elle permet réellement.
Le principe : concentrer les facteurs de croissance
Le sang contient des plaquettes, cellules impliquées dans la coagulation mais aussi dans la réparation tissulaire. Elles renferment des facteurs de croissance, molécules qui stimulent la prolifération cellulaire, la vascularisation et la régénération.
Le PRP — plasma riche en plaquettes — consiste à prélever une petite quantité de sang, à la centrifuger pour séparer ses composants, puis à récupérer la fraction plasmatique la plus riche en plaquettes. Ce concentré est ensuite réinjecté dans le cuir chevelu, au contact des follicules.
L'objectif est double : améliorer la vascularisation du bulbe et prolonger la phase de croissance du cheveu. Le traitement est dit autologue : rien d'étranger n'est introduit dans l'organisme, ce qui explique l'absence de risque allergique.
Ce que le PRP peut et ne peut pas faire
- Il stimule des follicules affaiblis mais encore vivants.
- Il ne fait pas repousser de cheveux là où le follicule est définitivement détruit.
- Une zone totalement glabre depuis des années ne relève pas du PRP mais éventuellement de la greffe.
- Le diagnostic préalable est donc déterminant : il conditionne l'indication.
Le bilan avant tout traitement
Une chute de cheveux n'est jamais un diagnostic en soi : c'est un symptôme. Avant d'envisager un PRP, l'examen recherche l'origine du problème. Est-ce une alopécie androgénétique, un effluvium télogène, une carence, un déséquilibre thyroïdien, une cause inflammatoire ou cicatricielle ?
Un bilan biologique — fer et ferritine, thyroïde, vitamine D, parfois exploration hormonale chez la femme — fait souvent partie de l'évaluation. Traiter par PRP une chute due à une carence martiale sévère sans corriger cette carence revient à stimuler un moteur sans carburant. Ce point est développé dans notre article sur la chute de cheveux chez la femme.
Déroulement d'une séance
La séance dure environ quarante-cinq minutes à une heure. Elle se déroule en trois temps.
D'abord le prélèvement : une prise de sang classique, de volume modeste, au pli du coude. Ensuite la centrifugation, qui prend une dizaine de minutes et sépare les composants sanguins. Enfin les micro-injections dans le cuir chevelu, réparties selon un maillage régulier sur les zones à traiter.
L'inconfort existe mais reste modéré et bref. Le cuir chevelu peut être sensible pendant quelques heures. On peut se laver les cheveux dès le lendemain. Il est conseillé d'éviter le sport intense, le hammam, la piscine et l'exposition solaire directe pendant vingt-quatre à quarante-huit heures.
Combien de séances, et quand voit-on les résultats ?
Le PRP fonctionne par cure. Un protocole d'attaque comprend habituellement trois à quatre séances espacées de quatre à six semaines, suivies de séances d'entretien réparties dans l'année.
La patience est ici une nécessité biologique, non une formule de politesse. Un cheveu pousse d'environ un centimètre par mois : aucun résultat visible n'est possible avant plusieurs semaines. Les premiers signes rapportés sont généralement une réduction de la chute vers le deuxième ou troisième mois, puis une amélioration de la densité et du calibre des cheveux vers le quatrième au sixième mois.
Un traitement isolé sans entretien voit ses effets s'estomper progressivement, l'évolution naturelle reprenant son cours.
Contre-indications et limites
Les principales contre-indications sont les troubles de la coagulation, les traitements anticoagulants, certaines pathologies hématologiques, les infections évolutives, les cancers évolutifs, la grossesse et l'allaitement, ainsi qu'une infection ou une dermatose active du cuir chevelu.
Le PRP s'intègre le plus souvent dans une prise en charge globale : correction des carences, traitements médicaux lorsqu'ils sont indiqués, adaptation de l'hygiène capillaire et, si nécessaire, prise en charge du stress ou d'un déséquilibre nutritionnel. Envisagé comme un élément d'une stratégie et non comme une solution unique, il donne de bien meilleurs résultats.
Questions fréquentes
Le PRP capillaire est-il douloureux ?
L'inconfort est modéré. Le prélèvement est une prise de sang classique et les micro-injections dans le cuir chevelu provoquent une sensation brève. Une sensibilité peut persister quelques heures après la séance.
Combien de séances de PRP faut-il ?
En général 3 à 4 séances espacées de 4 à 6 semaines pour la phase d'attaque, puis un entretien réparti dans l'année. Le protocole exact dépend du diagnostic initial.
Quand voit-on les premiers résultats ?
La réduction de la chute est souvent perçue vers le 2e ou 3e mois. L'amélioration de la densité s'apprécie plutôt vers le 4e à 6e mois, en raison de la vitesse de pousse du cheveu.
Le PRP fait-il repousser des cheveux sur une zone chauve ?
Non. Le PRP stimule des follicules affaiblis mais encore vivants. Sur une zone où les follicules sont détruits depuis longtemps, il n'a pas d'effet.
Y a-t-il un risque d'allergie ?
Non, le produit injecté provient de votre propre sang. C'est l'un des avantages du caractère autologue de la technique.
Peut-on faire du PRP pendant la grossesse ?
Non, la grossesse et l'allaitement constituent des contre-indications. Or beaucoup de chutes post-partum sont transitoires et se corrigent spontanément.
Un bilan personnalisé à Tanger
Chaque peau, chaque cheveu et chaque objectif sont différents. La consultation permet d'établir un diagnostic précis et de construire un protocole adapté à votre situation.
Information médicale. Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne remplace en aucun cas une consultation médicale, un diagnostic ni une prescription. Les résultats décrits varient d'une personne à l'autre et aucun résultat ne peut être garanti. Seul un examen clinique permet de déterminer si un traitement est indiqué dans votre cas et d'en évaluer les contre-indications.